Roger B. Baron
1907-1994
La Sculpture et la Médaille
Vous trouverez un catalogue comportant pour
l'instant 55 parmi les 500 à 600 œuvres de Roger B. Baron en suivant ce lien.
Vous pouvez également regarder cette interview de Roger B. Baron
réalisée sans son atelier, à l'occasion d'un exposition de sculpture
animalière ayant eu lieu à Nevers en 1988.
Par ailleurs, voici un très modeste aperçu des grandes lignes qui ont
marqué sa carrière.
Né à Paris, c'est cependant dans la campagne nivernaise que Roger
B. Baron passera son enfance et les années de la
première guerre.
Très jeune, il porte un regard attentif et sensible à la
nature. De là naîtra sa double vocation : l'art et la zoologie. Par le dessin, il s'exerce à rendre fidèlement le monde qui l'entoure... c'est
ainsi que plus tard il deviendra, entre autres, artiste animalier.
Mais cette démarche ne suffit pas à combler sa
curiosité naturelle. Dès l'âge
de treize ans, comme il est l'ainé de quatre frères, il
lui faut travailler... Mais il consacrera ses très faibles ressources à
se procurer les ouvrages d'Henri Fabre, le célèbre entomologiste.
Il passera ses nuits à les lire, à les assimiler, descendant au fond du
savoir que peuvent lui apporter les livres.
Il mènera toujours de front ses deux passions, l'art et la zoologie.
Il fréquentera le Jardin des Plantes, le Muséum, l'Ecole
des Arts appliqués et entrera dans l'atelier de Maxime Réal del Sarte, où
bientôt il se rendra possesseur des moyens qui permettent de se dire
sculpteur.
Pendant la deuxième guerre il sera prisonnier, puis
résistant; et c'est au début des années quarante qu'il
s'installera rue Ordener, à Montmarte-aux-Artistes.
Comme il
approfondit sans cesse par le dessin et les livres, sa passion pour
l'anatomie animale et finalement humaine, il songe à passer les certificats
qui lui permettraient d'enseigner.
Il réussit et est nommé professeur
de dessin, puis professeur d'anatomie humaine et animale aux célèbres cours
normaux de la Ville de Paris, formant ainsi - pendant près de trente ans - les
futurs professeurs de dessin de la capitale et de l'Etat.
C'est durant cette période qu'il réalise, outre beaucoup de ses
œuvres animalières, des bustes et des monuments : à Jean Moulin, à Jean
Mermoz (à Dakar comme à Santiago du Chili), à Alexandre Fleming
(Londres), etc., où il compose en outre les épées d'académicien d'Etienne
Wolff, de Jean Rostand, tandis qu'il présidait la section sculpture du
Salon National des Artistes Français, puis qu'il fondait le Salon National des Artistes Animaliers.
Mais surtout c'est l'époque où,
si je puis dire, il entre en médaille et pour n'en plus sortir :
Roger B. Baron nous laisse en héritage quelques cinq cents médailles ! Cette activité lui vint comme
naturellement de la pratique du bas relief, et il y apporte son génie de la
composition, son amour de la précision, et un goût
toujours sûr.
Combien de lieux, de monuments (la Sainte Chapelle), de châteaux (ceux de
Fontainebleau, de Luynes, de Hautefort-en-Périgord, de Saumur, de Chantilly, et
d'autres, bien d'autres...), de visages célèbres (Alexandra David-Neel, Alajoinine -célèbre neurologue-,
Malraux, De Gaulle, Jean-Paul II, et tant encore de savants, de
politiques, d'ecrivains...), et même des pièces de monnaie (pièce de 10F
à l'effigie de la Princesse Grâce de Monaco, pièce rare de 20 centimes représentant le
sourire de Reims, ainsi que la toute première représentation de l'Ecu
européen)...
Jamais il ne manquera d'incorporer des
thèmes animaliers à ses compositions, dès que l'occasion
s'en présentera : l'arche de Noé au revers du portrait du
Dr Fernand Méry, vétérinaire, ou la faune amazonienne au revers de celui du Dr
Jean Dorst, directeur du muséum d'histoire naturelle, par exemple.
Il s'illustrera notamment en réalisant, pendant trente-cinq
années consécutives (de 1957 à 1991), la médaille officielle du
Concours Général Agricole, s'adonnant ainsi à un véritable
exercice de style et renouvelant chaque année son sujet sous forme de
multiples projets soumis au ministère de l'agriculture avant réalisation.
Quant à ses bronzes animaliers, c'est pour son propre plaisir
qu'il les réalise, sans
intention de les vendre : remarquables par la force qui les animent,
ils sont interprétés d'une
manière réaliste et vivante. Ayant pris le parti de les épurer de tout
détail inutile, l'artiste supprime, à l'instar de
POMPON, la marque du plumage de ses oiseaux, mais conserve
cependant une certaine apparence du pelage chez ses chevaux, taureaux,
bisons et autres animaux à poils.
Médaille d'honneur et le grand prix du Salon des Artistes Français,
Chevalier de la Légion d'Honneur, officier de l'Ordre National du
Mérite, Officier des Palmes Académiques, Officier de l'Ordre du
Mérite Agricole, Roger B. BARON nous a quittés le
premier août 1994, à l'âge de quatre-vingt sept ans, dans
la plus grande modestie, au milieu de cette nature qu'il a tant aimé,
et sans quasiment jamais s'être arrêté d'exercer son
art.
Tous les ans, le prix Roger B. Baron est décerné à un artiste animalier de talent pour l'ensemble de son œuvre. Ce prix est financé par la municipalité de Bry-sur-Marne, dans le cadre du Salon National des Artistes Animaliers, dont Roger B. Baron fut le fondateur et le président pendant de nombreuses années.
Roger B. J. Baron
Adresse postale :
Montmartre-aux-Artistes
187-189, rue Ordener
FR 75018 Paris