|
|
Montmartre-aux-Artistes
Cliquez sur l'une de ces rubriques pour découvrir les artistes de la cité :
|
|
||||||||||||||
Pierre Monteux (1875-1964), Chef d'orchestre"Pierre MONTEUX, l'Art du Maître français"( Extraits du livret accompagnant le coffret de 15 C.D. distribué chez BMG Classics )Pierre MONTEUX : de longues moustaches blanches, des cheveux tout noirs, un regard d'une grande bonté et toujours rieur, un ventre sans complexe et un calme imperturbable. Telle fut pour moi d'abord l'image de Pierre MONTEUX.
En 1936, son environnement : Les Baux-de-Provence, la Salle Pleyel avec l'Orchestre Symphonique de Paris (qui n'avait pas un sous, déjà!) et les séances de travail au 189 de la rue Ordener, la Maison des Artistes, Doris sa pétulante épouse, sa fille Nancie, intelligente et gracieuse danseuse. Sa méthode d'enseignement était sans complaisance. L'élève arrivait chez lui avec ses partitions. Pas question d'orchestre, pas même de piano. Chaque élève devait être capable de chanter quasiment par coeur les diverses parties. MONTEUX suivait attentivement et n'hésitait pas à interrompre pour souligner telle ou telle difficulté, soit pour le chef, soit pour les instrumentistes. Il balisait le terrain note à note. Son enseignement consistait d'abord à exercer la mémoire. Tout connaître des partitions. Puis, dans un deuxième temps, en analyser les structures, en détailler les agencements. Selon la formule consacrée : "Il faut avoir la partition dans la tête, pas la tête dans la partition". Cette méthode encourageait l'approche critique des oeuvres et glaçait les envies des effets spectaculaires du genre : "ici montrez du poing les trombones"... Nous n'allions à l'orchestre qu'après avoir travaillé chaque nuance de la partition et quand on était capable d'en reconstituer intérieurement la structure. Pierre MONTEUX possédait une mémoire hors du commun. Chacune de ses indications se révélait en concordance avec le tout de la partition. Toute indication, aussi minime fut-elle, avait une raison. Il était à l'aise dans le présent parcequ'il avait eu la sagesse et l'humilité d'explorer le passé. De la rue Ordener (Montmartre Aux Artistes) aux Baux-de-Provence, sans compter, après la guerre, Hancock dans le Maine, aux Etats-Unis, MONTEUX a toujours cherché à faire habiter par la musique un lieu, un paysage à lui donner, entouré de ses disciples, une âme. Je ne l'ai jamais vu délivrer un enseignement sans essayer de croire à une vocation de l'enseigné. S'il n'y croyait plus, il le lui disait, tout simplement. MONTEUX était comme un moine dans les ordres de la Musique. Intelligence du coeur, intelligence de la raison : laquelle convient à un chef d'orchestre ? MARCEL LANDOWSKI Voir également : "La Musique n'adoucit pas les moeurs" M. Landowski - (Belfond 1990) "Alors, écoutez-moi ! Quand nous reprenons ce passage, nous devons entendre cette cymbale. Tapez un plus fort avec votre canif". Pierre MONTEUX, entouré d'un groupe avide de micros, est perché sur un tabouret et regarde d'un air maussade sa partition des "TROIS NOCTURNES" de Debussy. Le chef d'orchestre français de 88 ans est fatigué et mécontent. MONTEUX et les membres du London Symphony Orchestra essaient depuis une dizaine de minutes d'enregistrer les dernières mesures étouffées de "Fêtes" et sont sans cesse interrompus par le grondement sismique des trains de l'heure de pointe qui passent sous Kingsway Hall pour arriver à la station de métro au bout de la rue...
MONTEUX faisait de la musique, et non une carrière. Il a laissé un héritage de merveilleux enregistrements, mais je me souviendrai toujours de son humanité, de la merveilleuse générosité de son enseignement et de la beauté et la spontanéité inégalées de ses concerts .
DAVID ZINMAN
Vous trouverez le curriculum vitæ de Pierre Monteux ici. Extraits de sa discographie sur cddb.com. |
||||||||||||||||
|
Designed by Roger B. J. Baron, a.k.a. Regor
[home page]
[e-Mail: Regor (at) Meta-x.Org]
|